Récupération de chaleur sur groupe de froid, compresseur d’air ou serveurs
La chaleur que vos équipements rejettent, réutilisée sur place
La récupération de chaleur fatale consiste à réutiliser sur place la chaleur qu’un groupe de froid, un compresseur d’air ou une salle de serveurs rejettent d’ordinaire dehors, pour chauffer des locaux, préparer l’eau chaude sanitaire ou servir un procédé. Trois fiches d’opérations standardisées des certificats d’économies d’énergie (CEE) la financent, chacune pour son secteur : BAT-TH-139 dans le tertiaire, IND-UT-103 dans l’industrie, BAR-TH-170 dans les immeubles d’habitation.
BAT-TH-139 / IND-UT-103 / BAR-TH-170Code de l’opération dans le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE)
Récupération sur groupe de production de froid (tertiaire)
Récupération sur compresseur d’air (industrie)
Chaleur de serveurs pour l’eau chaude collective (logement)
Dans quels cas
Bâtiments tertiaires existants équipés d’un groupe de production de froid
Sites industriels équipés de compresseurs d’air
Bailleurs et copropriétés d’immeubles d’habitation
Aides mobilisables
Prime CEE
La prime CEE ne comporte pas de condition de ressources. Le dossier CEE s’engage avant la signature du devis : un devis accepté trop tôt fait perdre la prime. Son montant dépend du volume d’économies calculé selon la fiche applicable (puissance récupérée, durée d’utilisation de la chaleur, zone climatique) et de la valorisation des certificats au moment de l’engagement ; il est chiffré par écrit avant toute décision.
La prime CEE est financée par les fournisseurs d’énergie, au titre des certificats d’économies d’énergie.
Un groupe de froid évacue au condenseur la chaleur qu’il retire des chambres froides, des vitrines ou des locaux climatisés. Un compresseur d’air chauffe en fonctionnant, et sa chaleur part le plus souvent par la ventilation du local. Dans les deux cas, l’énergie est déjà payée : la récupérer revient à l’utiliser une seconde fois.
Tout se joue sur la concordance entre la chaleur disponible et les besoins du site : un récupérateur n’a d’intérêt que si quelqu’un a besoin de chaleur au moment où l’équipement tourne. C’est ce que mesure l’étude préalable, et c’est aussi ce que les fiches CEE demandent de démontrer.
Sur un groupe de production de froid : la fiche BAT-TH-139
La fiche BAT-TH-139, « Système de récupération de chaleur sur un groupe de production de froid », vise les bâtiments tertiaires existants. Elle couvre les groupes à compression mécanique dont le fluide frigorigène circule en circuit fermé et s’évapore à 18 °C au plus. La chaleur récupérée chauffe ou préchauffe un fluide caloporteur, de l’eau par exemple, pour le chauffage du bâtiment, l’eau chaude sanitaire ou un procédé.
Sont exclus : la récupération destinée à chauffer de l’air, les groupes de froid de secours et les pompes à chaleur. L’installation est précédée d’une étude de dimensionnement datée et signée, qui décrit les équipements de froid et de récupération, établit une période représentative d’au moins 24 h en tenant compte des usages des deux dernières années au minimum, et vérifie que les besoins de froid et de chaleur sont simultanés.
Sur un compresseur d’air : la fiche IND-UT-103
La fiche IND-UT-103, « Système de récupération de chaleur sur un compresseur d’air », s’applique dans l’industrie. La chaleur est valorisée sur le site, pour chauffer des locaux, produire de l’eau chaude sanitaire ou alimenter un procédé industriel. La récupération interne au compresseur qui sert à régénérer un sécheur d’air en est exclue, et l’opération ne se cumule pas avec la fiche IND-BA-112 lorsque le compresseur est raccordé à la tour aéroréfrigérante.
Le volume de certificats dépend de l’usage de la chaleur, du rythme de travail du site (d’une équipe de 8 h à un fonctionnement continu, week-end compris) et de la zone climatique. Ces paramètres se relèvent sur le site avant tout chiffrage.
Chaleur de serveurs et eau chaude collective : la fiche BAR-TH-170
La fiche BAR-TH-170, « Récupération de chaleur fatale issue de serveurs informatiques pour l’eau chaude sanitaire collective », concerne les immeubles d’appartements, neufs ou existants. Le système, neuf, doit fournir une eau chaude sanitaire à 55 °C ; l’ensemble formé par les serveurs et la récupération doit respecter un PUE d’au plus 1,15 et un ERE d’au plus 0,20, deux indicateurs d’efficacité des centres de données définis par la norme ISO 30134.
La fiche impose une étude préalable de dimensionnement, une part de chaleur récupérée limitée à 90 % des besoins annuels d’eau chaude de l’immeuble et un contrat d’exploitation et de maintenance d’au moins quatre ans, qui inclut le remplacement sans frais des serveurs. Elle ne se cumule pas avec les fiches de production d’eau chaude ou de chauffage, et s’applique aux opérations engagées avant le 1ᵉʳ juillet 2028.
Ce non-cumul oblige à choisir : dans une copropriété, l’opération se compare avec la pompe à chaleur collective, qui relève d’une autre fiche.
Le déroulé, de l’étude préalable à la réception
Tout commence par l’équipement et les besoins : quelle machine produit la chaleur, quand elle tourne, et quels usages en ont besoin au même moment. L’étude préalable le mesure et désigne la fiche applicable. Le dossier CEE est ensuite engagé avant la signature du devis, sur la base d’un plan de financement écrit, puis viennent les travaux et la réception.
Nous identifions la fiche applicable, faisons réaliser l’étude préalable, montons le dossier CEE dans le bon ordre et suivons l’opération jusqu’à la réception. Le plan de financement est remis par écrit avant toute signature. Le dossier CEE s’engage avant l’acceptation du devis : un devis signé trop tôt ferme le droit à la prime.
Les travaux sont réalisés et facturés par une entreprise partenaire qualifiée, distincte de nous : elle exécute l’installation, en répond et porte les garanties attachées à son ouvrage. Sur un site qui produit aussi du froid, la récupération se pense avec la régulation haute pression flottante, qui agit sur le même groupe.
Page mise à jour le . Textes et intitulés
officiels vérifiés le 27/08/2026.
Les montants dépendent de votre éligibilité, de vos revenus et de la nature des travaux ; les dispositifs évoluent, et nous vous indiquons celui qui s’applique à la date de votre dossier.
Faire relever votre bâtiment avant de décider
L’étude technique est gratuite et sans engagement. Elle se conclut par un plan de financement
écrit, poste par poste, remis avant toute signature et avant tout dépôt de dossier, puisque
c’est l’ordre qu’impose le dispositif.
Elle dépend de l’équipement qui produit la chaleur et du secteur : BAT-TH-139 pour un groupe de froid dans un bâtiment tertiaire existant, IND-UT-103 pour un compresseur d’air dans l’industrie, BAR-TH-170 pour la chaleur de serveurs informatiques destinée à l’eau chaude d’un immeuble d’habitation. L’étude préalable tranche avant tout engagement.
Peut-on récupérer la chaleur d’un groupe de froid pour chauffer l’air d’un local ?
Pas au titre de la fiche BAT-TH-139, qui exclut expressément le chauffage ou le préchauffage de l’air. La chaleur doit passer par un fluide caloporteur, de l’eau par exemple, pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire ou un procédé. La même fiche exclut aussi les groupes de froid de secours et les pompes à chaleur.
Que faut-il réunir pour l’étude préalable ?
Les caractéristiques des équipements qui produisent la chaleur et de ceux qui en ont besoin, avec leurs rythmes de fonctionnement. Pour un groupe de froid en tertiaire, la fiche BAT-TH-139 demande une période représentative d’au moins 24 h, établie à partir des usages des deux dernières années au minimum. Pour un compresseur d’air, l’usage de la chaleur et le rythme de travail du site entrent dans le calcul.
Et dans une exploitation agricole ?
Le secteur agricole a ses propres fiches, notamment AGRI-TH-104 (récupération de chaleur sur un groupe de production de froid hors tanks à lait) et AGRI-TH-105 (récupérateur de chaleur sur tank à lait). Leurs conditions diffèrent de celles du tertiaire et se vérifient au cas par cas, sur la base des équipements de l’exploitation.
Pourquoi le dossier CEE doit-il être engagé avant le devis ?
Parce que le dispositif l’impose : le rôle du financeur doit être acté avant l’acceptation du devis. Un devis signé trop tôt fait perdre la prime, sans recours possible. Nous vérifions cette chronologie sur chaque opération : ne signez aucun devis tant que le dossier CEE n’est pas engagé, et le plan de financement écrit vous est remis avant.
Quel montant de prime peut-on attendre ?
Il dépend de la puissance récupérée, de la durée pendant laquelle la chaleur est réellement utilisée, de la zone climatique et de la valorisation des certificats au moment de l’engagement. Nous le chiffrons par écrit sur les données de votre site, et l’étude peut conclure que l’opération ne vaut pas la peine.